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Le Royaume-Uni soutient le régime Biya

 Ce que pensent les diplomates britanniques de la crise anglophone d'après l'enquête de Declassified UK

La Reine Elizabeth II de Grande-Bretagne reçoit le Président de la République du Cameroun, M. Paul Biya GCMG, et Mme Chantal Biya, au Palais de Buckingham, à Londres.

« Declassified obtient des documents révélant le rôle militaire secret du Royaume-Uni dans l'État policier africain (Cameroun)
Un officier des forces spéciales britanniques a rédigé une doctrine de "gestion de crise" pour le dictateur camerounais
Le conseiller militaire britannique entretient des relations étroites avec le bras droit et chef des espions (agence de renseignement) de Biya
Ces documents fournissent un aperçu rare de la vision du ministère des Affaires étrangères sur le conflit d'Ambazonie. La région était autrefois une colonie britannique appelée Southern Cameroons. Lors des négociations d'indépendance en 1961, la population locale a voté pour rejoindre la partie francophone du Cameroun, plus vaste.
Un système fédéral censé préserver une certaine autonomie s'est progressivement effondré, et cette marginalisation a alimenté le sentiment séparatiste ambazonien.
Les documents montrent que des diplomates britanniques notent que "des violations généralisées des droits de l'homme continuent d'être commises par les séparatistes et les forces de sécurité de l'État" en Ambazonie.
Whitehall est convaincu : "Il n'y a aucune chance - et peu de soutien populaire - pour l'indépendance... Mais le conflit continuera de couver à moins et jusqu'à ce que le gouvernement réponde aux demandes raisonnables de la majorité modérée."
Ces demandes "modérées" sont considérées comme une plus grande autonomie, un soutien financier, la protection des civils et le respect de l'usage de l'anglais.
Les responsables britanniques pensent que le président Biya a eu "une longue période de déni" sur la crise anglophone et que son ministre de la défense, Joseph Beti Assomo, croit qu'il est possible d'y mettre fin "par la seule action militaire".
Lors de la réunion de Heappey avec Ngoh Ngoh, qui est aussi le successeur probable de Biya, on lui a dit de souligner : "Il semble qu'il y ait encore trop d'allégations relatives à la crise anglophone, nonobstant la possibilité de désinformation [fake news], toutes les allégations crédibles doivent être examinées."
Un premier "plan de dialogue" pour la crise a été "élaboré en coordination avec Sir Jeffrey Donaldson", un député de droite d'Irlande du Nord.
Donaldson a quitté les pourparlers de paix de l'Accord du Vendredi Saint mais s'est présenté comme un expert en négociation de conflits internationaux. Il est maintenant l'envoyé commercial du Royaume-Uni au Cameroun.
On a conseillé à M. Heappey de dire au chef de l'espionnage camerounais, Eko Eko, que "les opérations militaires doivent être dirigées par les services de renseignement et être précises, et que le dialogue est essentiel pour parvenir à une solution pacifique du conflit".
Il devait "mettre en avant nos propres exemples/leçons d'Irlande du Nord où le Royaume-Uni n'a pas toujours été à la hauteur", comme l'internement - la détention massive de suspects terroristes sans procès. »

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