Accéder au contenu principal

Difficultés d'enterrer les morts dans la région anglophone du Cameroun

 

L’insécurité dans le Nord-Ouest du Cameroun empêche les familles d’enterrer leurs proches

La région du Nord-Ouest du Cameroun est affectée depuis plus de cinq ans par la crise anglophone, les déplacements étant devenus dangereux et très compliqués. Dû à l’insécurité, les familles doivent souvent renoncer à enterrer leurs proches dans leur village d'origine, un crève-cœur dans une région de hauts plateaux appelés Grassfields, où reposer sur la terre de ces ancêtres a un sens profond dans la culture locale.

Avec notre correspondant à Bamenda, Alphonse Tebeck

À la morgue de Bamenda, capitale de la région du Nord-Ouest, plusieurs familles en pleurs sont là pour la levée du corps d'un proche défunt. Certaines ne pourront pas rentrer au village pour les funérailles et doivent se résoudre à enterrer le défunt en ville. Comme pour Cyprian, originaire du département du Donga-Mantung :

« C'était trop difficile d'amener le corps au village, à cause des hostilités, des combats, des barrages sur la route. J'ai enterré mon grand-père sans sa famille, sans ceux qui le connaissaient, ils n'étaient pas là. C'est très, très douloureux, car ceux du village n'ont pas pu participer. Mon grand-père n'a pas reçu les hommages traditionnels, cela nous déconnecte de nos traditions, de nos valeurs culturelles, celles qui nous font tenir tous ensemble depuis des siècles. »

« On essaie de rationaliser l'espace dans le cimetière »

Njinuwo Godlove s'occupe du cimetière de la cathédrale Saint-Joseph de Bamenda. Sous la terre rouge, les dalles de pierre sont utilisées depuis quelque temps pour compartimenter les tombes et y ensevelir jusqu'à trois cercueils :

Lire la suite

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le régime dictatorial Biya a "tué" Paul Ayah Abine !

Ayah Paul Abine, décédé cette nuit du 24 décembre 2024 dans un hôpital de Buea, était le seul député du Rdpc sur 151 qui avait refusé de voter en 2008 la modification de la constitution qui faisait sauter le verrou de la limitation des mandats. Cette modification avait ouvert la route à Paul Biya pour devenir le président à vie du Cameroun. 

Au Cameroun, nouvel enlèvement d’un magistrat dans le Nord-Ouest anglophone

Selon l’organisation de défense des droits humains Conscience africaine, de nombreux enlèvements et meurtres de civils dans la région de Bamenda s’expliquent par le refus des familles de payer les rançons demandées par les séparatistes anglophones. Un magistrat de Bamenda, dans la région anglophone du Nord-Ouest au   Cameroun , en proie à un conflit séparatiste, a été enlevé le 29 décembre à son domicile, a indiqué l’organisation   de   défense des droits humains Conscience africaine dans un communiqué transmis ce 31 décembre à l’AFP. « Le deuxième avocat général de la Cour d’appel de Bamenda, Nchang Augustin Amongwa a été   enlevé   à sa résidence dans la soirée du 29 décembre par des hommes armés non identifiés et on ne sait pas où il se trouve », selon Amadu Tarnteh, directeur de Conscience   africaine,   « De nombreux autres civils ont été kidnappés le même jour et emmenés vers une destination inconnue par des hommes armés, que l’on ...

Ayah Paul Abine, l'homme qui dit non à la modification de la constitution en 2008

Ayah Paul Abine, décédé cette nuit du 24 décembre 2024 dans un hôpital de Buea, était le seul député du Rdpc sur 151 qui avait refusé de voter en 2008 la modification de la constitution qui faisait sauter le verrou de la limitation des mandats. Cette modification avait ouvert la route à Paul Biya pour devenir le président à vie du Cameroun  Le magistrat, Ayah Paul Abine et ses avocats  Je publie les écrits du Journal Mutations d'avril 2008 intitulés « Ayah Paul Abine : L’opposant de l’intérieur »  « D’où vient cet homme qui embarrasse la hiérarchie de son parti, le Rdpc ? Il aurait sans doute préféré éviter la posture de star que lui confère aujourd’hui son refus de valider la modification de la constitution, dans une Assemblée nationale où le parti au pouvoir, depuis l’ouverture de la 8e législature, a maille à faire respecter la discipline au sein de ses rangs. On était jusque-là habitué aux sorties de Adama Modi Bakary qu’un journaliste en service au sein de l’organe d...