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Les premières manifestations populaires de la crise anglophone

Les manifestations du 21, 22 novembre 2016 au Cameroun, marquent le début réel de la crise anglophone par de manifestations qui ont eu lieu à la suite de la nomination de juges francophones dans le système anglo-saxon du commo law et le système éducatif anglophone qui se francophonise par le recrutement des professeurs francophones dans les régions anglophones du Cameroun. En fin octobre 2016, les protestations ont commencé dans deux régions principalement anglophones : la région du Nord-Ouest  et la région du Sud-Ouest.

Manifestation du 21 novembre 2016 à Bamenda par Mancho BBC

Le 21 novembre2016, ce jour-là, pour exprimer leur ras-le-bol, des manifestants profitent d’un appel à la grève lancé par des syndicats d’enseignants qui dénoncent un système éducatif anglophone qui se « francophonise » toujours plus. « Pouvez-vous imaginer qu’un francophone vienne enseigner l’anglais à un anglophone ? Nous voulons que ceux qui enseignent auprès des anglophones aient été formés à la base dans le sous-système anglo-saxon. Mais ce n’est plus le cas, regrette, amer, Wilfred Tassang, secrétaire exécutif de la Cameroon Teachers Trade Union (CATTU), l’un des six syndicats des enseignants en grève. Depuis des années, nous nous plaignons. Nous sommes en grève pour dénoncer cette situation. »

Presse du 22 novembre 2016
Presse du 22 novembre 2016








Presse du 22 novembre 2016

Mais, très vite dans les rues de cette ville, fief du Social Democratic Front (SDF), principal parti d’opposition, les revendications des enseignants se noient dans celles d’une population qui se sent marginalisée. « Dans les hôpitaux, les malades anglophones rencontrent les médecins francophones et ne peuvent pas se comprendre. Dans les centres d’impôts, c’est le même problème. On leur remet des fiches francophones, poursuit Wilfred. On ne tient pas compte de nos problèmes. »

Durant quarante-huit heures, les « marginalisés » ont donc investi les rues, brûlé des pneus et affronté les forces de l’ordre. Bilan : une personne tuée, de nombreux blessés et une centaine de personnes interpellées, selon des sources officielles. Même si un calme précaire règne depuis mercredi, les tensions persistent. Les enseignants n’ont pas interrompu la grève.

Le 22 novembre 2016, il a été signalé qu'au moins deux personnes ont été tuées et 100 manifestants ont été arrêtés à Bamenda, une ville de la région du Nord-Ouest, lors d'une manifestation également connues sous le nom de la Révolution du cercueil. 

De violents heurts, qui auraient fait trois morts, ont opposé lundi et mardi de jeunes manifestants aux forces de sécurité à Bamenda (nord-ouest), fief anglophone de l'opposition au Cameroun.

Joshua Osih, vice-président du Social democratic front (SDF), principal parti d'opposition, dont le fief est dans cette ville anglophone réputée frondeuse, a affirmé que trois personnes avaient été tuées lors de ces violences, deux par balles et une troisième lors d'affrontements entre groupes rivaux.


A l’origine de ce soulèvement, un appel à la grève des enseignants de la partie anglophone de la région. Ces derniers protestent contre la dominance de leurs homologues francophones dans l’éducation.

Dès lundi dernier, ils avaient décidé d'entamer la grève pour faire entendre leur voix. Ces derniers ont alors investi la rue de la ville de Bamenda et ont été progressivement rejoints par plusieurs milliers de personnes selon des témoins.


La manifestation des enseignants a aussitôt dérivé sur des revendications politiques avec des slogans hostiles au pouvoir de Yaoundé. Des sources ont rapporté que des messages scandés par la foule ont appelés au fédéralisme et à une meilleure prise en compte de la spécificité linguistique de cette partie du pays dans les différents corps administratifs.

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