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Au Cameroun, l’espoir des anglophones après l’élection

Success Nkongho, président-fondateur du Cameroon Liberation Movement (CLM), croit en une fin prochaine de la guerre dans le Cameroun anglophone, au lendemain du scrutin présidentiel du 12 octobre dernier. Mais pour cet homme politique, le régime en place à Yaoundé n’a pas la solution.

"La crise anglophone a toujours été un fonds de commerce pour les entrepreneurs de guerre, dont le régime de Biya. Et pendant les moments de campagne, ils utilisent cette crise pour effrayer les rivaux politiques, afin que ceux-ci ne puissent pas battre campagne dans cette zone de crise. Donc, le régime utilise l’occasion en même temps pour tricher aux élections", a expliqué Success Nkongho.

Simon Munzu est quant à lui, un militant historique de la cause anglophone au Cameroun. Il fut l’un des grands animateurs du Southern Cameroons National Council (SCNC) et du Cameroon Anglophone Movement dans les années 1990. Ces dernières années, il a abandonné sa maison dans le Sud-Ouest pour fuir la guerre menée par les séparatistes contre le gouvernement de Yaoundé.

L’après-élection et l’espoir anglophone

Aux lendemains de la présidentielle du 12 octobre, où Issa Tchiroma Bakary s’est déjà déclaré vainqueur, Simon Munzu dit comprendre une telle posture.

"Issa Tchiroma ne s’est pas autoproclamé définitivement vainqueur. Il a dit que, suivant les résultats qu’il a reçus, il a été choisi pour être le président, mais que ses supporters devraient attendre l’annonce finale du Conseil constitutionnel. Je pense que c’est correct ainsi, qu’un leader de l’opposition qui croit avoir gagné dise cela à ses partisans. Et c’est ce que Tchiroma fait", a-t-il expliqué.

Success Nkongho soutient que les anglophones du Cameroun ont massivement voté pour Issa Tchiroma Bakary, plaçant en lui beaucoup d’espoirs.

"Les Anglophones et les Ambazoniens étaient fatigués de cette guerre. Ils cherchaient quelqu’un qui les considère comme des êtres humains. Ils ont trouvé cette personne en Issa Tchiroma Bakary. C’est pour cela que les Anglophones sont sortis massivement pour voter, pour la première fois depuis que cette crise a commencé. Et c’est ça qui fait la différence. Issa Tchiroma a remporté la victoire dans la zone anglophone."

Une lueur d’espoir pour un cessez-le-feu

Simon Munzu est d’accord avec Success Nkongho : l’élection du 12 octobre ouvre, selon lui, de nouvelles perspectives pour un cessez-le-feu définitif dans cette guerre sécessionniste :

"Nous comptons sur une nouvelle phase. Parce qu’une nouvelle phase si c’est Issa Tchiroma Bakary, nous attendrons de lui qu’il engage ce processus immédiatement, puisqu’il l’a déjà annoncé pendant sa campagne électorale."

La guerre dans la partie anglophone du Cameroun dure depuis huit ans. Selon un rapport de Human Rights Watch, cette guerre fratricide a déjà fait près de 7 000 morts civils, plus de 638 000 personnes déplacées et au moins 1,7 million de personnes ayant besoin d’aide humanitaire.

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