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« Le jeu en vaut-il la chandelle ? » : le Cameroun va voter malgré la menace séparatiste dans les régions anglophones

Mais, pendant que chants et danses se déroulent au rythme de cette campagne devant les promesses et discours des candidats dans la plupart des villes du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, la zone anglophone du pays, demeurent dans l'incertitude. La situation reste tendue dans les deux régions.

Le conflit armé qui dure dans les régions anglophones depuis 2016, pourrait empêcher de nombreux électeurs de voter pour la deuxième fois. En 2018, les séparatistes anglophones avaient déjà empêché la tenue de l'élection présidentielle dans la région.

Cherchant à créer un État indépendant, ils interdisent le vote dans les zones qu'ils considèrent comme leur territoire. Des milliers de personnes pourraient ne pas voter dimanche.

Les séparatistes, dans les deux régions anglophones au Cameroun, demandent à la population de boycotter l'élection présidentielle en s'abstenant d'aller voter ce dimanche. Ils ont décrété un confinement d'un mois sur le territoire qu'ils réclament.

Les habitants dans la région restent chez eux, craignant les représailles de ces combattants qui, en 2018, avaient pris des mesures punitives contre ceux qui n'avaient pas respecté leur mot d'ordre de boycott de la présidentielle à l'époque.

« Nous avons vu des gens être sortis de chez eux et massacrés de sang-froid, avant, pendant et même bien après les élections, lorsqu'ils ont été identifiés. Et je me suis demandé, sans vouloir parler au nom de tout le monde, si cela valait la peine de prendre ce risque », a confié Samah Abang-Mugwa, un résident à BBC.

Depuis le début de la campagne électorale, beaucoup se sont montrés prudents dans la zone à cause de la tension qui reste palpable. Si certains peuvent arborer ouvertement les t-shirts de leur candidat ou parti politique, d'autres préfèrent mettre des masques pour ne pas être reconnus.

La peur des représailles oblige à rester discret. « J'ai mis une casquette et un cache-nez, pas pour le style, mais pour éviter qu'on me reconnaisse sur les photos », confie un militant à la BBC.

James, qui n'est pas son vrai nom, est une victime des séparatistes, qui a aussi parlé à la BBC. Il a fui sa ville natale anglophone, où il dit avoir été blessé par balle. Tout simplement parce qu'il n'a pas obéit à l'idéologie des séparatistes.

Il montre sa jambe droite qui a été amputée après l'incident. Cependant, ces souvenirs douloureux ne l'empêchent de vouloir accomplir son devoir civique dimanche prochain, loin de chez lui.

« Je me suis battu pour faire transférer mon nom sur les listes électorales de mon lieu de résidence actuel, afin de pouvoir voter, car je n'oublie pas mon droit et mon devoir civiques en tant que citoyen de ce magnifique triangle. Je veux simplement que la vie continue », dit-il.

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